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Les troubles du sommeil

Homme d'affaires dormant sur son bureau

Dossier, 4/6/10

A tous les âges de la vie, le sommeil est indispensable à la récupération de nos forces physiques et psychiques et il est essentiel à une bonne qualité de vie.

Comment dormez-vous ?

Avez-vous des troubles du sommeil sans le savoir ? Souffrez-vous d’insomnie ?

Est-il possible d’améliorer ses nuits ?

troubles sommeil

Conception-rédaction : ADD HUMAN Cie en collaboration avec le docteur Sylvie ROYANT-PAROLA, Présidente du Syndicat de la Médecine du Sommeil et de la Vigilance, Paris

Sommaire

Avez-vous des troubles du sommeil ?

Pour le savoir, tenez à jour votre agenda du sommeil et parlez-en avec votre médecin.

Pour remplir l’agenda, vous mentionnez :

  • l’heure de coucher et l’horaire estimé d’endormissement ;
  • les temps de réveil la nuit et l’heure de réveil et de lever le matin ;
  • les prises de médicaments ;
  • les évènements particuliers de la journée : somnolence, sieste, fatigue, nervosité, etc.

Mieux comprendre le sommeil

Le syndrome d’apnée du sommeil

Il est lié à des pauses respiratoires (non conscientes) pendant le sommeil et est responsable d’une hypersomnolence dans la journée.

Pensez à cette maladie en cas de ronflement la nuit ou de surpoids. 2 femmes et 4 hommes sur 100 entre 30 et 60 ans sont concernés, soit 2 à 3 millions d’adultes.

Etes-vous vraiment insomniaque ?

Est insomniaque celui qui se plaint à la fois de la qualité de son sommeil mais aussi de la qualité de son éveil. 

Bien dormir, qu’est-ce que cela veut dire ?

  • S’endormir dans un délai de 30 minutes après s’être couché.
  • Dormir en moyenne, selon sa nature, entre 6 heures (pour les « petits dormeurs ») et 9 heures (pour les « gros dormeurs ») par nuit (en moyenne 7 heures 30).
  • Avoir des horaires de sommeil réguliers. 

Quelles sont les causes de l'insomnie ?

Des causes d’insomnies, transitoires ou permanentes peuvent survenir à n’importe qu’elle période de la vie.

 

  • Une maladie spécifique du sommeil

Notamment, le syndrome des jambes sans repos (sensation d’impatiences au coucher) ; le syndrome d’apnée du sommeil ; la narcolepsie (accès brutaux d’endormissements dans la journée ; très rare).

 

  • Un trouble psychologique

Le stress, l’anxiété, la dépression, l’abus d’alcool ou la prise de drogue expliquent une insomnie sur deux.

 

  • Une insomnie conditionnée : l’insomnie psychophysiologique

Ce sont des insomnies qui ont débuté par un événement particulier à une période de la vie responsable d’un mauvais sommeil. (une intervention chirurgicale, la naissance d’un bébé, etc).

 

  • La prise de certains médicaments

Sommeil et insomnies aux différents âges de la vie

Que faire quand on se réveille la nuit ?

Ne restez surtout pas au lit à vous tourner et à vous retourner ou à compter les moutons.

Mieux vaut quitter la chambre, faire une activité calme puis se remettre au lit quand vous sentez arriver un nouveau «train de sommeil ».

A tous les âges de la vie, le sommeil est indispensable à la récupération de nos forces physiques et psychiques et il est essentiel à une bonne qualité de vie.

Un bon sommeil est nécessaire à la croissance des tout-petits

La durée de 14 à 20 heures par jour chez les nourrissons se réduit ensuite progressivement.

Un mauvais sommeil est le plus souvent en rapport avec une nuisance de l’environnement : trop chaud, trop de bruit, ou avec des sensations physiques désagréables : colique, rhume, douleur...

Les enfants ont besoin de 10 à 12 heures de sommeil

Les enfants à partir de 3 ans, souvent, soit ne veulent pas se coucher, soit se réveillent la nuit.

A 6 ans, ils ont encore besoin de 10 à 12 heures de sommeil.

Penser à bien respecter le rituel d’endormissement (brossage des dents, doudou, lecture...) et à veiller à leur environnement (calme et pas trop chaud).

Sommeil : les ados sont souvent en « décalage de phase »

Pour des raisons physiologiques (hormones et structure du sommeil) et psychologiques, les adolescents sont souvent en « décalage de phase » : ils s’endorment très tard et se lèvent tard.

S’ils se lèvent trop tôt, ils sont fatigués au réveil car ils sont en privation de sommeil.

Une attention particulière doit être portée à leur hygiène de vie : mettez des limites le soir, mais autant que possible socialement, laissez les dormir le matin !

Le sommeil à l'âge adulte

Le début de la vie active (20 - 30 ans) et l’âge de la ménopause et de la retraite (50 - 60 ans) sont les deux périodes critiques pour la qualité du sommeil.

Tenir à jour pendant 15 jours un agenda du sommeil est un bon outil pour aider le médecin à identifier la cause de l’insomnie.

Seniors : le sommeil devient plus léger avec l’âge

Ils ont souvent la sensation de ne pas bien dormir. Ils se couchent souvent de bonne heure et se réveillent « trop tôt » le matin et les facultés de récupération s’amenuisent.

 

Une bonne hygiène de vie pour un bon sommeil

L'insomnie menace notre santé

Les plaintes des insomniaques sont multiples :

« Je n’arrive jamais à m’endormir avant deux heures du matin ; je me réveille plusieurs fois au milieu de la nuit ; mon sommeil n’est pas réparateur ; je suis fatiguée en me réveillant ; je suis irritable dans la journée ; je somnole au volant ...»

 

  • 7 millions de Français se plaignent d’être fatigués.
  • 2,5 millions d’adultes souffrent de somnolence.

 

Après 18 heures de veille continue, nos performances sont les mêmes qu’avec une alcoolémie de 0,5 g par litre.

Beaucoup d’insomniaques vivent leur insomnie comme une fatalité et ne pensent même pas à en parler à leur médecin. Ne désespérez-pas ! Seuls ou encore mieux avec l’aide d’un médecin, il est possible de réapprendre à bien dormir.

 

Un bon sommeil nécessite en priorité une bonne hygiène de vie. Certains facteurs favorisent le sommeil, d'autres au contraire peuvent le perturber.

Les bonnes habitudes qui favorisent le sommeil

  • Ne se coucher que lorsqu’on a sommeil.

  • Limiter le temps passé au lit (par exemple, ne pas regarder la télévision au lit), choisir une bonne literie.
  • Faire un peu d’exercice physique durant la journée.
  • Faire attention à son environnement : chambre aérée, température entre 18 et 20°C, calme...
  • Soigner son alimentation, manger équilibré. Après le repas du soir, attendre deux heures avant de se coucher.
  • Attention à la consommation d’alcool (pas plus de 2 verres pour les femmes et de 3 verres par jour pour les hommes). 

Les mauvaises habitudes qui perturbent le sommeil

  • Travailler et jouer sur ordinateur avant de se coucher.
  • Prendre une douche chaude avant d'aller dormir.
  • Faire une activité physique le soir.
  • Consommer un repas trop « lourd » le soir.
  • Consommer trop d’excitants, surtout en fin de journée : café, thé, coca....
  • Prendre des somnifères sans avis médical : l'auto-prescription est à proscrire, il faut toujours prendre l’avis de son médecin. 

Les bienfaits de la sieste 

Une sieste est nécessaire à tout âge.

Si possible, faîtes-en une en milieu de journée mais de courte durée : 20 minutes maxi !

 

Le sommeil est un élément clef de bonne santé

Insomnie : attention aux conséquences

  • 30 % des accidents de la circulation sont dus à des troubles de la vigilance.
  • Les insomniaques sont responsables de deux fois plus d’accidents de voiture.
  • La fatigue et la somnolence sont en cause dans de nombreux accidents du travail.

L’ « insomnie » est une plainte très fréquente

  • Près de 70 % des français se plaignent occasionnellement de leur sommeil.
  • 10 % des français souffrent d’insomnie sévère « chronique », c’est-à-dire que leur sommeil est entravé, au moins trois nuits par semaine, depuis plus de 6 mois.
  • Plus de 70 % des français ont un jour essayé « pour dormir » de prendre un remède (médicaments, plantes, etc.)
  • L’insomnie concerne deux fois plus souvent les femmes (surtout après l’âge de 40 ans).

Les conséquences de l’insomnie sont parfois graves

  • Chez l’adulte, l’insomniaque a deux fois plus de maladies cardiovasculaires, de risque de dépression et d’anxiété, de recours aux drogues et à l’alcool, d’absentéisme et d’hospitalisation.
  • Chez l’adolescent, elle explique nombre de difficultés scolaires.
  • Chez l’enfant, le manque de sommeil peut entraîner un retard de croissance.

 

Insomnie, qui contacter ?

Votre médecin généraliste

Dès que l’insomnie entrave la qualité de votre vie et vos nuits, consultez sans attendre.

L’insomnie est un vrai motif de consultation qui demande du temps pour être bien comprise. N’en parlez pas à votre médecin sur le pas de la porte au détours d’une visite pour un autre motif. Lui-même est en mesure de comprendre et d’apporter des solutions à votre problème. Eventuellement, il peut également vous orienter vers une prise en charge plus spécialisée.

Un psychiatre

Si votre médecin identifie une cause psychologique, une telle consultation peut permettre de confirmer un diagnostic (une dépression, par exemple) et il pourra vous proposer une prise en charge médicamenteuse et psychothérapeutique spécifique. Certains psychiatres (et psychologues) formés aux thérapies « cognitivo-comportementales » sont également en mesure de réaliser des thérapies spécifiques en cas d’insomnies conditionnées.

Un spécialiste ou un centre du sommeil

Les centres du sommeil sont spécialisés dans la détection de la somnolence et des troubles du sommeil qui en sont la cause. Ils réalisent différents diagnostics, grâce à des examens précis. (enregistrement du sommeil...).

Leurs coordonnées selon les régions peuvent être consultées sur le site Internet de l’Institut du Sommeil et de la Vigilance.