Une anecdote à partager ? Une expérience marquante que vous souhaitez faire connaître? Une question qui vous interpelle ? Venez raconter votre histoire et faites part aux internautes de votre témoignage.
Dossier, 3/3/10
Rares avant les années 90, les oublis d’enfants dans les voitures ont augmenté après la généralisation du transport des enfants à l’arrière des véhicules. En 2009, la Commission de la Sécurité des Consommateurs a réalisé une étude sur ce phénomène et a émis des recommandations pour le prévenir.
Oubli d’enfants dans les voitures : l’accidentologie dans l’Union européenne
Entre 1998 et 2009, trois décès ont été recensés (Pays-Bas, Islande, Hongrie).
En République tchèque, quelques cas d'enfants laissés seuls dans des véhicules stationnés sur les parkings de centres commerciaux ont été relevés, mais sans être mortels.
Deux accidents en Grande-Bretagne et un en Italie.
Aucun accident n'est signalé dans certains pays comme la Suède ou l'Allemagne.
Sources : European Child Safety Alliance
En France, les décès d’enfants laissés seuls dans des véhicules automobiles ne sont pas codifiés commme des accidents de la vie courante.
Ces accidents sont généralement classés avec les déshydratations ou les hypothermies mais ils sont parfois comptabilisés comme des accidents de la route.
La presse, la télévision et les radios nationales ou locales, qui relatent les cas les plus dramatiques ou les plus spectaculaires constituent donc les principales sources d’informations sur ces décès.
Entre juin 2007 et août 2009, la Commission de la Sécurité des Consommateurs a directement recensé dans les medias, 26 accidents dont 22 en France métropolitaine, 2 en Outre-Mer et 2 en Belgique ayant été à l’origine de 7 décès. Sur ces 26 cas, 31 % concernaient des enfants de moins d’1 an, 54 % des enfants âgés de 1 à 3 ans et 15 % entre 3 ans et 13 ans.
Deux situations sont à l’origine de ces accidents :
Enfants laissés seuls dans un véhicule automobile entre juin 2007 et août 2009
| Responsable | Oubli total | Enfant laissé volontairement dans le véhicule | Circonstances non déterminées | Total |
| Père | 5 | 4 | 9 | |
| Mère | 2 | 4 | 6 | |
| Père et mère | 1 | 2 | 3 | |
| Autre parent | 1 | 2 | 3 | |
| Professionnel | 2 | 1 | 3 | |
| Non connu | 1 | 1 | 2 | |
| Total | 11 | 14 | 1 | 26 |
| Total en % | 42 % | 54 % | 4 % | 100% |
Source : Avis relatif à la prevention de l'oubli d'enfant dans les véhicules automobiles de la Commission de la securite des consommateurs
L'oubli n'est pas la première cause des accidents recensés par la Commission (5 décès par an).
Dans 54 % des cas au moins, l'enfant est laissé volontairement seul dans le véhicule (6 décès par an). Les parents sont à l'origine de l'accident dans 70 % des cas.
Les causes d’oubli d’enfants dans les voitures sont complexes. Dans le cas d'un enfant que l'on doit déposer chez sa nourrice où à la crèche, l'oubli touche la mémoire « prospective », celle qui enregistre des actions futures à réaliser. Or elle est particulièrement fragile et peut être fortement altérée par un événement imprévu qui pertube la routine, ou encore sous l'effet du stress ou de la fatigue de l'individu.
Le fait de laisser un enfant seul dans un véhicule automobile, volontairement ou par oubli, peut avoir des conséquences psychologiques et physiques non négligeables.
Sur le plan physique, le fait de laisser un enfant dans l'habitacle d'un véhicule peut rapidement avoir des conséquences fatales.
Par temps chaud l’enfant risque d'être victime d'une déshydratation consécutive à un « coup de chaleur », c'est-à-dire à une élévation de la température corporelle au dessus de 40°C. En fonction de l'état général de l'enfant, ce « coup de chaleur » peut survenir après seulement vingt minutes d'exposition à la chaleur et des décès ont été constatés après moins de deux heures passées dans un véhicule.
Par temps froid, l'enfant peut décéder d'hypothermie, caractérisée par une baisse de sa température corporelle en deçà de 35°C.
Les systèmes de prévention d’oubli d’enfant dans les voitures
Un certain nombre de dispositifs et de technologies déjà existants pourraient être adaptés pour devenir des systèmes de prévention contre l’oubli de l’enfant.
Les experts de sécurité consultés ont répertorié cinq systèmes : le Personal Car Communicator, les capteurs de ceinture de sécurité, la reconnaissance d’image, l’analyse des séquences d’ouverture des portières, l’alerte de désactivation des airbags.
Les constructeurs automobile ne proposent actuellement aucun dispositif de prévention du risque d’oubli d’enfant couplé au véhicule d’alerte couplé au véhicule. Sur le plan technique des solutions existent mais ces dispositifs d'alerte, en tant qu'équipements optionnels, pourraient coûter, aux dires des constructeurs, entre 1 500 et 3 000 euros et se déclencheraient parfois de façon intempestive, incitant alors leurs propriétaires à les désactiver.
Il existe en revanche plusieurs systèmes d’alerte, indépendants des véhicules, fabriqués et vendus sur le marché américain ou sur Internet.
Il s’agit de simples pense-bêtes destinés à rappeler au conducteur qu'un enfant se trouve à l'arrière du véhicule quand il quitte celui-ci, sous forme d'étiquettes à accrocher aux clés, trop grandes pour entrer dans la poche d'un vêtement, de dispositifs d'alerte utilisant un capteur de poids et de mouvement ou basés sur des capteurs « anti-éloignement » tels que les alarmes anti-noyades.
Toutefois ces systèmes se vendent mal car les acheteurs potentiels pensent qu’ils n’oublieront jamais un enfant dans leur véhicule.
Pour prévenir l’oubli d’enfants dans les voitures, la CSC a émis un certain nombre de recommandations.