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Prévention de la mort subite du nourrisson

Bébé couché sur le dos

Dossier, 8/22/11

La mort subite, médicalement appelée "mort inattendue du nourrisson", reste la première cause de mortalité des bébés avant l'âge de un an. Il s'agit du décès brutal dans son sommeil d'un tout-petit jusque-là considéré comme étant en bonne santé. Explications sur ce syndrome et sur les bons réflexes à adopter pour limiter les risques.

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Source : Institut de Veille Sanitaire (InVS)

Sommaire

Qu’est-ce que le syndrome de la mort subite du nourrisson ?

Les facteurs de risque de mort subite du nourrisson

Infections, maladies, prématurité et petit poids de naissance, sont des facteurs de risque classiques de mort subite du nourrisson. Il en existe un autre, sur lequel les parents peuvent agir cette fois : les erreurs portant sur le couchage de Bébé. Une meilleure information des parents devrait donc encore faire chuter le nombre de morts subites du nourrisson, actuellement autour de 240 par an.

De quoi s'agit-il ?

C’est le décès inexpliqué et imprévisible, le plus souvent pendant le sommeil, d’un tout-petit qui semblait jusqu’ici en bonne santé apparente.

À qui ça arrive ?

C’est bien ça le problème : il n’y a pas de signe annonciateur de ce drame. En revanche, tout ce qui peut favoriser la gêne respiratoire du tout-petit pendant son sommeil est pointé du doigt : dormir sur le ventre au risque de ne plus pouvoir relever la tête du matelas, a fortiori s’il est mou, c’est trop risqué. Dormir avec une couette ou un doudou contre lequel il y a un risque de s’étouffer, aussi.

 

La mort subite du nourrisson peut toucher un bébé de 0 à 24 mois, mais dans 8 cas sur 10, elle survient avant l'âge de 6 mois. (Source Inserm).

Pourquoi ça arrive ?

Certains bébés semblent présenter plus de risques que d’autres, notamment parce que l’activité de leur nerf vague - celui qui a en charge de ralentir les battements du coeur - est excessive. Une hypothèse à vérifier...

Prévenir la mort subite du nourrisson : les conseils pratiques

Un environnement fumeur est un facteur de risque de mort subite

C'est aussi un facteur de risque d’infections respiratoires, d’aggravation d’un asthme, d’otites chroniques et de régurgitations (en diminuant le tonus du sphincter inférieur de l’oesophage). Autant de bonnes raisons pour ne pas fumer en présence des bébés et des enfants. Ni dehors, ni dans la maison. Ça vaut pour les parents, mais aussi pour la nounou ou la mamie qui s’occupe du tout-petit !

Coucher Bébé sur le dos

Coucher Bébé sur le dos, sur un matelas ferme et sans rien qui puisse le gêner durant son sommeil, c’est la règle d’or. Depuis que les pédiatres et les généralistes demandent aux parents de ne plus faire dormir Bébé sur le ventre, la mort subite du nourrisson a reculé de 76 % en l’espace de 20 ans. C’est donc très efficace !

 

Si le tout-petit doit toujours dormir dans son propre lit, l’Institut de veille sanitaire (InVS) préconise néanmoins de placer son lit dans la chambre des parents pendant les six premiers mois, afin de mieux le surveiller.

Protéger Bébé dans son lit

Que ce soit pour dormir la nuit ou pour une simple sieste, Bébé doit être couché sans oreiller, sans couette, ni drap ou couverture – mais avec une gigoteuse ou une turbulette pour le couvrir - seul dans son lit à barreaux et dans une pièce non surchauffée.

Attention aux tours de lit : trop épais, ils représentent un danger si Bébé y enfouit sa tête en dormant. De même, le cale-bébé est à bannir : initialement prévu pour obliger l’enfant à rester couché sur le dos, il devient vite un piège si ce dernier se retourne. 

Ne pas allonger Bébé immédiatement après son biberon ou sa tétée

Avec ou sans rot, attendre 15 minutes avant d’allonger un tout-petit qui vient de boire son lait, évite qu’il ne

régurgite et s’étouffe, alors qu’il est déjà en position allongée. 

Ne plus m’endormir avec Bébé dans mon lit

Avec ses oreillers, ses couettes ou ses couvertures, le lit d’un adulte n’est vraiment pas adapté à Bébé, sans compter qu’à votre contact, il risque d’avoir trop chaud. Que ce soit pour une courte sieste ou une longue nuit, c’est donc chacun dans son lit !

 

Ne pas surchauffer la chambre, aérer régulièrement et privilégier les produits naturels

Dans une chambre, la température idéale est de 18 ou 19°C, pas plus. Une température trop élevée favorise la sécheresse des muqueuses respiratoires et les rend plus sensibles aux infections.

 

Pour éviter que les microbes ne se concentrent dans l’air de la pièce où dort Bébé, une seule solution : aérer ! Pour bien faire, il faut recommencer tous les jours, pendant 15 minutes, en dehors des heures de trafic routier - si vous habitez à proximité d’une voie passante - et en évitant les fins d’après-midi (les plus chargées en pollens) entre mars et septembre, s’il y a des allergiques dans la famille.

 

Peintures, meubles en aggloméré, colles, vernis, etc., dégagent des composés organiques volatils (COV) qui irritent les voies respiratoires. Pour limiter leur concentration dans la pièce, il faut bien sûr aérer, mais aussi privilégier les produits naturels.

Mort subite du nourrisson : qui contacter ?

Quand appeler les secours d’urgence au 15 ?

  • Il est anormalement somnolent.
  • Sa température est très élevée (40°) ou anormalement basse (moins de 36°).
  • Sa peau est bleutée et/ou marbrée.
  • Ses pleurs sont incessants.
  • Il refuse tout biberon ou tétée...

 

La question à se poser : si mon bébé régurgite, j’en parle d’urgence à son médecin ?

  • Oui, si le petit "régurgiteur" dort très mal, n’est pas souriant, a mauvais appétit et/ou présente une altération de sa courbe de poids car tous ces éléments sont en faveur d’un reflux gastro-oesophagien à traiter.
  • Non, s’il régurgite juste un peu de lait après sa tétée, sans que cela affecte ni son sommeil, ni son appétit, ni sa croissance : c’est normal de régurgiter un peu de lait et c’est même la raison pour laquelle, autrefois, on offrait de jolis bavoirs !

Etude de l'InVS sur les morts inattendues des nourrissons

La survenue de mort subite du nourrisson (MSN) a considérablement baissé depuis les campagnes en faveur du couchage sur le dos des nourrissons. Chaque année, les statistiques de décès identifient 250 cas de MSN en France, parfois en l'absence des investigations postmortem nécessaires pour affirmer ce diagnostic.

L'objectif de l'enquête nationale 2007-2009 sur les morts inattendues des nourrissons de moins de 2 ans rendue publique le 22 mars 2011 par l'Institut de veille sanitaire (InVS) avait pour objectif de connaître le nombre et les caractéristiques des morts inattendues (MIN) d'enfants de moins de 2 ans en France, la part réelle de la MSN, des décès expliqués et de la maltraitance, ainsi que leur prise en charge au regard des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS). 
Source : Institut de veille sanitaire (InVS)