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Dossier, 1/18/12
Le cholestérol n’est pas une maladie mais un puissant facteur de risque des maladies cardiovasculaires. Une simple prise de sang permet de savoir où vous en êtes. Le cas échéant, un régime anticholestérol permet d’éliminer ce risque et de protéger vos artères et votre cœur. Et si cela ne suffit pas, nous disposons encore de médicaments anticholestérol très efficaces.
Source : Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (Afssps)
Le cholestérol est un acide gras (lipide), dont la majeure partie est produite par le foie, et qui est utilisé par notre organisme dans de nombreuses et diverses fonctions (hormones sexuelles, digestion, membranes des cellules, fabrication de la vitamine D, etc.). Le cholestérol est donc un élément indispensable à la vie !
L’alimentation représente une autre source de cholestérol. Il est apporté par les aliments riches en graisses saturées (viandes grasses, beurre, produits laitiers gras) et en acides gras trans (margarines hydrogénées, desserts, pâtisseries…). Notre mode d’alimentation a évolué, apportant de plus en plus de ces acides gras, à l’origine d’excès. Or ce sont les excès de cholestérol qui sont préjudiciables à notre santé.
En effet, trop de lipides dans notre sang contribue à durcir et à épaissir les artères du cœur (c’est l’athérosclérose). L’hyperlipidémie (terme médical pour désigner l’excès de lipides sanguins) favorise ainsi la formation de plaques d’athérome et de caillots de sang, susceptibles de bloquer une artère et de provoquer un infarctus (crise cardiaque) ou un accident vasculaire cérébral si l’artère bouchée est une de celles qui irrigue le cerveau.
C’est ainsi que trop de cholestérol fait partie des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires (au même titre que l’hypertension, l’obésité, le diabète, le tabagisme…), premières causes de mortalité dans notre pays.
La distinction entre bon et mauvais cholestérol est liée au mode de transport de ce lipide dans le sang. En effet, le cholestérol, qu’il s’agisse du cholestérol fabriqué par le foie ou provenant de l’alimentation, est transporté dans tout l’organisme par l’intermédiaire de la circulation sanguine. Ce transport est assuré par deux types de transporteurs :
Les LDL distribuent le cholestérol aux cellules, tandis que les HDL ramènent le cholestérol vers le foie pour qu’il soit détruit.
Il est essentiel de maintenir un certain équilibre car :
On l’aura compris, idéalement le taux de HDL-cholestérol est élevé tandis que le taux de LDL-cholestérol doit être le plus bas possible.
Les triglycérides font partie des lipides sanguins, mais les excès sont plutôt liés à la consommation d’alcool et de sucres rapides (confiseries, gâteaux, desserts). En effet, contrairement au cholestérol, les triglycérides peuvent être fabriqués par le foie à partir du sucre alimentaire. Or là encore, nous mangeons de plus en plus sucré !
Il faut savoir que l’excès de triglycérides (au-delà de 2 g/l) entraîne un risque cardiovasculaire élevé, potentialisé en présence d’une hypercholestérolémie et que le danger des triglycérides est accru quand le « bon cholestérol » diminue.
Enfin, les triglycérides représentent la forme sous laquelle la graisse est stockée. C’est la seconde réserve d’énergie prévue par le corps après le glycogène.
En raison de facteurs génétiques (hypercholestérolémie familiale), il est recommandé de faire :
Ensuite, tout dépend des autres facteurs de risque cardiovasculaire de chacun :
En cas de diabète, un dosage tous les ans s’impose.
Avec un seul facteur de risque autre que le diabète, un dosage tous les trois ans est suffisant.
Et à partir de 2 facteurs de risque, un dosage annuel est recommandé.
Le dosage du cholestérol nécessite une prise de sang à jeun. Dans le cadre du dépistage et d’une surveillance, on dose le cholestérol total. Mais pour avoir une idée plus précise, il est nécessaire de réaliser un bilan lipidique, qui comprend en plus du cholestérol total, un dosage du HDL-cholestérol ou « bon cholestérol » (taux normal entre 0,35 et 0,75 g/l) et des triglycérides (inférieur à 2 g/l).
Quant au LDL-cholestérol, le taux est calculé à partir des valeurs des précédentes (taux normal entre 1 et 1,6 g/l).
Là encore, la décision thérapeutique ne dépend pas uniquement des résultats du bilan lipidique, mais tient compte des autres facteurs de risque associés.
Autrement dit, pour un même taux de cholestérol, le traitement diffère selon :
Ainsi, la prescription d’un médicament anticholestérol ou antihypercholestérolémiant (le plus souvent de la famille des statines) est justifiée :
Le régime anticholestérol repose sur 3 grands principes :
En revanche, dans tous les cas, qu’il y ait ou non prescription médicamenteuse, le régime alimentaire s’impose.
Bien conduite, l’alimentation anticholestérol peut, à elle seule, faire baisser le taux de cholestérol jusqu’à 15 % et ainsi éviter la prise de médicament.
C’est donc le traitement de première intention et ce n’est qu’en cas d’échec de celui-ci que l’on recourt, en plus de la poursuite du régime, à un médicament anticholestérol.
Ce régime est à mettre en place progressivement car il devra ensuite être suivi sur le long terme. Il s’agit donc de changer progressivement mais durablement ses habitudes alimentaires.
D’autres mesures d’hygiène de vie doivent être adoptées en parallèle, à commencer par la pratique d’une activité physique régulière, la lutte contre le surpoids, l’arrêt du tabac, etc.