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Dossier, 5/25/10
Connu aussi sous le nom de « biture express », le binge drinking est une pratique qui consiste à boire énormément dans un temps très court, pour atteindre une ivresse rapide et aussi intense que possible.
Informez-vous sur ce phénomène aux conséquences souvent méconnues.
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Source : Entretien avec Bernadette Oberkampf, pédiatre et auteur de la postface du livre Super Biture (La lettre de la FFSA - Assurer n°129)
"Super Biture, mon enfer dans le binge drinking"

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Ce livre a reçu le soutien des assureurs via l'Association Assureurs, Prévention, santé (APS) créée en 1982, devenue depuis juin 2010 l'association Assureurs Prévention.
Découvrez le récit touchant de ce jeune garçon de 17 ans que rien ne prédestinait à devenir une victime du binge drinking. Postface du livre Super Biture de Bernadette Oberkampf, pédiatre.
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Il existe chez tous les jeunes un besoin de se changer les idées, en particulier le week-end, un désir de lever ses inhibitions, de se lâcher. Le besoin de s’ouvrir vers les autres est naturel, et la fête chez les jeunes se conçoit rarement sans alcool.
Mais ceux qui pratiquent la biture expresse dérapent. La convivialité partagée fait place à une démarche perverse. Le besoin naturel de s’amuser, de jouer, de s’intégrer à un groupe est remplacé par un véritable rituel bien visible, où l’aspect frénétique de la consommation d’alcool et l’accès très planifié à un état d’ivresse intense sont quasi ostentatoires. La biture expresse n’est pas un jeu solitaire. Il faut du public, des personnes à qui montrer ses propres limites et ses capacités à les dépasser.
Les jeunes peuvent être des victimes du binge drinking, se trouvant contraints à cette pratique dangereuse. Dans les soirées, la défonce est une étape parfois incontournable, comme s’il s’agissait d’un ticket d’entrée obligatoire pour ne pas être exclu du groupe dans lequel on rêvait de s’intégrer.
Si socialement les jeunes peuvent être tentés par l’expérience de l’alcoolisation violente avec un état d’ivresse rapidement obtenu, ils n’en mesurent que rarement les risques pour leur santé, voire pour leur vie.
Et pourtant, les complications médicales du binge drinking peuvent être graves : s’étouffer dans son vomi, se blesser en tombant ivre, ou se retrouver en hypothermie sont autant d’états rapidement dangereux, pouvant mettre en jeu le pronostic vital. Le coma éthylique est toujours une urgence. Le plus souvent, les jeunes le savent et n’hésitent pas à appeler les pompiers ou le Samu devant un ami dans cet état : la situation leur fait personnellement peur.
Mais le risque le plus insidieux du binge drinking est probablement son risque social immédiat. La perte de contrôle, la survenue d’un comportement violent ou impulsif chez un jeune éméché le rend soudain très vulnérable. Il devient une victime potentielle idéale de rixes, de manipulations, de violences physiques, morales ou sexuelles, sans oublier son exposition majeure au risque d’accident de la route.
L’Académie de médecine a proposé en 2007 quinze recommandations pour lutter contre le phénomène de l’alcoolisme des jeunes, dont notamment un renforcement des mesures existantes pour réduire l’accès des mineurs aux boissons alcooliques, l’interdiction du parrainage de soirées d’étudiants par des producteurs d’alcool ou encore l’interdiction de l’alcool dans toutes les manifestations sportives.
Le développement de l’éducation à la santé dès l’enseignement primaire est également une piste de prévention proposée.
Aujourd’hui, le ministère de la Santé prend le relais pour mettre en place des mesures concrètes de prévention. Mais transmettre des messages de prévention à la cible particulière des adolescents est une opération à haut risque. En effet, le détournement ou le dénigrement immédiat de ce type de messages est certainement l’obstacle majeur auquel sont confrontés les organismes institutionnels classiques de prévention.
Alors, pour apporter la bonne information, au bon moment, aux bonnes personnes, l’art est difficile. Il faut probablement réfléchir, comme l’ont fait notamment les Suisses, à l’utilisation des médias préférés des jeunes, SMS, Internet, etc. pour leur dire qu’aujourd’hui, on peut être jeune et s’affirmer en refusant un comportement “moutonnier”, en disant non à l’alcool, sans passer pour un ringard ou un premier de la classe.