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VIH/Sida et IST chez les adolescents : pourquoi il faut toujours se protéger

Représentation virus

Dossier, 12/11/09

Avec l’arrivée des traitements efficaces la vigilance a tendance à se relâcher.

Pourtant le virus du SIDA (Syndrome de l’Immuno-Déficience Acquise) n’est pas vaincu et la guérison définitive n’est pas totalement acquise.

Comme les autres infections sexuellement transmissibles (IST), l’infection se transmet principalement par voie sexuelle. Les conseils de prévention sont donc les mêmes. 

dépistage, IST, maladie virale, prévention sida

Conception-rédaction : ADD HUMAN Cie en collaboration avec le Dr Michel Janier, professeur au Collège de Médecine, dermato-vénérologue à l’Hôpital St Joseph, Paris et responsable du centre MST à l’Hôpital St-Louis, Paris

Sommaire

Le VIH / le SIDA en chiffres (1)

Dans le monde, 33 millions de personnes sont porteuses du VIH (elles sont séropositives).

En France, au moins 150 000 personnes sont séropositives et plus de 30 000 personnes ignorent qu’elles le sont. 6 300 personnes découvrent chaque année leur séropositivité.

 

Parmi les jeunes Français (2) :

  • 10 % des nouveaux cas diagnostiqués concernent les 15-24 ans.
  • Parmi les 15-24 ans séropositifs, 68 % sont des jeunes filles, 83 % d’entre elles ayant été contaminées par des rapports hétérosexuels.

81 % disent que le sida leur fait peur et pourtant...

  • 19 % n’utilisent pas systématiquement un préservatif avec un nouveau partenaire.
  • 25 % des 15-24 ans pensent qu’en France, il y a moins de contamination dans leur tranche d’âge.

 

1 - Infos Sidaction 2008.

2 - Etude MSN, Sidaction et MTV réalisée par l’Ifop en 2008.

Les infections sexuellement transmissibles (IST)

SIDA : les idées fausses

22 % des jeunes pensent qu’il existe des médicaments pour guérir du sida, ce qui est faux.

Il n’y a pas non plus de vaccin préventif, et la recherche en est encore bien loin.

Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont par définition contagieuses.

La plupart d’entre elles se soignent facilement, mais non traitées, elles peuvent entraîner de graves complications (stérilité, cancer du col de l’utérus, maladies neurologiques, cirrhose, cancer du foie...).

 

Les IST fragilisent les muqueuses et augmentent considérablement le risque de contamination par le virus du SIDA. Voici les principales IST.

Les IST plus graves

  • Infection par le VIH ou SIDA.
  • Hépatite virale B : elle touche 2 à 3 % de la population.
  • Infection par les Virus des Papillomes Humains (VPH) : ces virus sont responsables de cancers du col de l’utérus et de verrues génitales (condylomes) chez l’homme et la femme. L’infection concerne 10 % de la population.
  • Infections à Chlamydia : elles sont responsables de stérilité féminine.
  • Syphilis, lymphogranulomatose vénérienne. 

Les IST moins graves

  • Herpès génital : il concerne environ 15 % de la population.
  • Gonococcie.
  • Trichomonas.

 

De nombreuses IST passent totalement inaperçues.

Souvent, elles ne se manifestent par aucun symptôme pendant des mois, voire des années. Et pourtant, la personne est infectée et contagieuse !

Le préservatif, seule protection efficace pour se protéger des IST et du SIDA

Préservatifs : les précautions d'emploi

Il ne faut jamais utiliser les préservatifs masculin et féminin en même temps, ils risquent de ne pas rester en place.

 

Attention, les spermicides locaux (sprays, gelées, ovules) ne protègent pas des IST ni du VIH.

Pour se protéger des IST et du sida, seul le préservatif est efficace à condition d’être bien utilisé.

Le préservatif masculin

 

En pratique

  • Vérifiez la présence de la norme CE sur l’emballage, la date de péremption et s’il n’a pas été plié ou percé.
  • Déchirez l’emballage sur le côté et ouvrez-le délicatement.

  N’utilisez ni les ongles, ni les dents, ni un objet coupant.

  • Le préservatif doit être placé avant tout contact avec le ou la partenaire, car une goutte de liquide séminal ou de sperme peut être libérée avant l’éjaculation.
  • Pincez le réservoir ou l’extrémité du préservatif pour en chasser l’air et placez-le sur le pénis en érection.
  • Déroulez-le vous-même ou avec l’aide de votre partenaire, jusqu’à la base du pénis. S’il ne se déroule pas bien, surtout ne forcez pas : vous l’avez peut-être posé à l’envers. Jetez-le et prenez-en un autre.
  • Retirez-vous juste après l’éjaculation, avant la fin de l’érection, en retenant le préservatif à la base du sexe.
  • Jetez le préservatif usagé à la poubelle après l’avoir noué.

 

Séparation de deux préservatifs emballés

Les lubrifiants

  • Les préservatifs sont généralement déjà lubrifiés, mais il est conseillé d’utiliser un gel lubrifiant à base d’eau qui améliore le confort et permet de réduire le risque de rupture.
  • En cas de pénétration anale, l’application d’un lubrifiant est indispensable.

 

Il ne faut utiliser que des gels à base d’eau. Les produits gras comme les crèmes, la vaseline ou les huiles abîment le préservatif et le rendent inefficace.

 

 

Les goûts et les couleurs

Il existe des préservatifs de différentes tailles, de différentes épaisseurs, des « sans-latex » pour les personnes allergiques, à effet retard sur l’éjaculation, des préservatifs parfumés (fraise, banane, chocolat, menthe, vanille...), des fantaisistes dont il faut toujours vérifier la norme CE...

Les préservatifs féminins

Plus large que le préservatif masculin, il se place à l’intérieur du vagin grâce à un anneau souple. Il a l’avantage de pouvoir être mis en place quelques heures avant un rapport sexuel. En polyuréthane lubrifié, il constitue une alternative en cas d’allergie au latex.

 

Le dépistage du VIH et des autres IST

Si vous pensez avoir été confronté à une situation à risque, par exemple une relation sexuelle sans préservatif ou une rupture de préservatif avec un partenaire occasionnel (surtout s’il est susceptible d’avoir eu de multiples partenaires), il est important de consulter au plus vite un médecin. Celui-ci évaluera avec vous les risques et pourra vous proposer un test de dépistage, et éventuellement un traitement d’urgence gratuit.

Le dépistage du VIH

On peut dépister la présence du virus du sida dès le 15ème jour après une prise de risque.

  • Si les tests de dépistage pratiqués à ce moment sont positifs, cela veut dire de façon certaine qu’il y a eu contamination par le VIH.
  • Si le résultat est négatif, ce ne sera que 6 semaines après la dernière situation à risque qu’un nouveau test permettra de savoir avec certitude que l’on n’est pas atteint par le VIH.

En attendant, il faudra se protéger ainsi que son ou sa partenaire. Si vous vivez une relation stable et voulez abandonner l’utilisation du préservatif, il est conseillé que les deux partenaires pratiquent un test de dépistage avant (au moins 6 semaines après la dernière situation à risque).

Le dépistage des autres IST

Les IST peuvent provoquer un écoulement vaginal ou urétral (gonococcie, chlamydia, trichomonas), des plaies (syphilis, herpès, primo-infection VIH), des verrues et des boutons (syphilis, condylomes), des douleurs au bas-ventre, des ganglions à l’aine, des brûlures en urinant...

 

Comme certaines ne provoquent pas de symptômes visibles pendant des années, le dépistage est essentiel. Selon les IST, il se fait par un examen médical, par prise de sang, par analyse d’urines ou par prélèvement local.

 

Il est conseillé de faire régulièrement : un frottis de dépistage (cancer du col utérin), un dépistage des chlamydias dans les urines, un dépistage du VIH et de la syphilis, ceci bien entendu en fonction des prises de risque.

La vaccination

 

Vaccin contre l’hépatite B 

La vaccination est fortement recommandée, car l’hépatite B est une maladie grave.

 

Vaccin contre les Virus des Papillomes Humains (VPH)

Disponible depuis peu, ce vaccin protège contre certains VPH responsables de cancers du col de l’utérus, mais aussi de verrues génitales.

Il est recommandé chez les jeunes filles à partir de 14 ans, au plus tard dans l’année suivant le début de la vie sexuelle.

 

 

Avec les IST, pas d’angoisse excessive. Sachez surtout ne pas vous mettre en situation à risque.

Comment devient-on séropositif ?

Transmission du virus du SIDA : ce qu'il faut savoir

Le virus ne se transmet pas par :

  • la salive : embrasser ou boire dans le même verre ne comporte aucun risque ;
  • le toucher : serrer la main ou s’asseoir sur la cuvette des toilettes est sans risque ;
  • les piqûres d’insectes (moustiques) ;
  • la sueur ou par les larmes.

Etre séropositif pour le VIH (virus de l’immunodéficience humaine, responsable du sida), c’est être porteur du virus même si aucun signe de la maladie n’apparaît. Le virus détruit progressivement les défenses immunitaires (le taux de lymphocytes T4). Lorsque celles-ci sont trop faibles, c’est le stade du sida, qui survient après un nombre d’années variable (une dizaine d’années en moyenne). Le traitement doit alors être instauré et poursuivi à vie.

 

Il existe trois voies de transmission du virus d'une personne séropositive à une autre :

  • par voie sexuelle,
  • par le sang,
  • de la mère à l'enfant.

 

La transmission du virus du sida par voie sexuelle (pénétration vaginale, anale ou buccale) lors de relations sexuelles non protégées

  • Les rapports bucco-génitaux (bouche/sexe) comme le cunnilingus ou la fellation non protégés entraînent des risques de transmission faibles pour les deux partenaires, qu’il y ait éjaculation ou non.
  • La pénétration vaginale sans préservatif comporte un risque pour le garçon et pour la fille. Les risques sont encore plus élevés en cas de saignements, comme pendant les règles ou lors de la première pénétration sexuelle.
  • La pénétration anale (sodomie) non protégée est la pratique la plus à risque.

 

Se caresser, se masturber sont sans risque. 

La transmission du virus du sida par le sang

Lors de l’échange de seringues chez les usagers de drogues ou par contact avec une plaie ouverte. 

La transmission du virus du sida de la mère à l’enfant

Pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement.

 

Comme le VIH, les IST se transmettent lors des relations sexuelles (rapport bucco-génital, vaginal ou anal) et certaines par le sang, voire de la mère au foetus ou à l’enfant. Le risque de transmission par rapport bucco-génital est élevé pour certaines IST dont la syphilis.

VIH/Sida et infections sexuellement transmissibles : qui contacter ?

VIH/Sida et maladies sexuellement transmissibles : les lignes téléphoniques d’information

  • Sida Info Service : 0 800 840 800 

24h sur 24, confidentiel, anonyme et gratuit.

 

  • Hépatites Info Service : 0 800 845 800

Confidentiel, anonyme et gratuit.

Votre médecin de famille

C’est le premier interlocuteur vers qui vous pouvez vous tourner pour demander conseil, évaluer une situation à risque ou pour diagnostiquer une IST. 

Un dermatologue-vénérologue

Le dermatologue c’est aussi le spécialiste des maladies vénériennes. 

Un gynécologue

C’est l’interlocuteur privilégié des femmes pour la contraception et le suivi gynécologique (frottis de dépistage, etc.). 

Pour se faire dépister

  • Consultez votre médecin qui vous fera, si nécessaire, une ordonnance pour un test dans un laboratoire d’analyses médicales.
  • Allez dans une consultation de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) : il en existe au moins une dans chaque département.
  • Vous pouvez vous rendre aussi dans un centre de planification familiale, dans un dispensaire antivénérien, dans une consultation de protection maternelle et infantile (PMI) ou dans un hôpital.